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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:35

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Les trois premières grandes Ferias de la saison 2012 sont mortes ou ont mourut.  Valence et Arles sont déjà loin plus besoin de revenir dessus, mais Séville a tombé le rideau dimanche et l’heure est aux constatations, aux contestations.  Ce constat est inquiétant, navrant, désolant… peu emballant.  Les contestations et les interrogations sont nombreuses.

 

Nous savons tous que la crise frappe l’Espagne de plein fouet et les spectacles de masse ne sont pas épargnés par le manque de pouvoir d’achat de ses consommateurs.  Même le célèbre Stade Santiago Bernabeu du Real Madrid ne fait pas le plein lors des matchs de la Liga alors qu’ils seront sacrés la semaine prochaine « Campeones 2012 ».

 

La Maestranza n’a pas échappé au phénomène.  De mémoire je n’ai jamais vu autant de ciment lors de la première semaine de Feria.  Même lors de la semaine des « Farolillos », la Maestranza ne s’est remplie qu’à deux occasions.  Faute à la crise sans aucun doute, mais pas qu’à la crise ne vous trompez pas.

 

Mais revenons au début de l’histoire.  Lors de la présentation des cartels de la Feria 2012, cris et stupeurs furent au rendez-vous.  Sevilla, qui est connue pour ses cartels rematés, nous servait une Feria bien pauvre avec deux réels cartels complets de figuras et un cartel pour aficionados, sur 16 après-midi de toros.  Pas de Juli, ni de Perrera, ni de Curro Diaz, des doublons sans consistance et même des triplés non justifiés.  Entre la crise et le manque d’intérêts des cartels, la sentence ne s’est pas fait attendre.  DIMINUTION DES ABONOS et cette image lamentable d’une Maestranza vide de plus de moitié la première semaine de Feria.

 

Mais comme la corrida est un art et non une science exacte, il nous restait l’espoir que des chiqueros sortiraient des toros braves et que face à eux des toreros courageux ou artistes nous offriraient des après-midi mémorables. 

 

Mais ce fut le mur des lamentations à Sevilla la plupart des après-midi, et ceux qui ne prirent pas leurs abonnements s’en allèrent sourire aux lèvres car ils ne s’étaient pas trompés, tandis que ceux qui avaient renouvelé leur abono jurèrent qu’on ne les reprendrait plus dans un tel traquenard.

 

Se sont sauvés du naufrage :

* Une corrida de toros de Victorino Martin tel qu’on l’entend avec des toros braves et d’autres plus compliqués, mais toujours des toros.

* Les estocades a recibir de Manzanares ainsi que le niveau excellent de sa cuadrilla. 

* Le sens de la lidia de Javier Castaño.

* Un grand toro de Cuadri qui est malheureusement tombé dans les mains inexpertes d’Alberto Aguilar.

* Un très grand toro d’El Pilar dont a profité à moitié David Mora.

* Le courage de Rafaelillo.           

* Les naturels de Talavante et cette grande estocade au ralenti.

 

Les « oui-mai » :

* Une belle corrida de Fuente Ymbro qui ne fut pas mise en valeur par les trois matadors.  Mais on retiendra surtout de cette corrida qu’on ne vit pas la bravoure des toros étant donné que la corrida resta inédite à la cavalerie.

* Les faenas de Manzanares face aux Victoriano del Rio.  Manzanares c’est l’élégance à l’état pure.  Manzanares c’est le fils adoptif de la Maestranza.  Mais toréer ce n’est pas faire le beau, toréer c’est se croiser, c’est mettre la jambe dans la trajectoire du toro, c’est temple la charge du toro jusqu’à la fin, enfin toréer ce n’est pas ce que fait le beau Manzanares.  Le jour où Manzanares se croisera et mettra la jambe, je ferais Bruxelles-Sevilla ou Madrid ou Malaga à pieds tant ce torero est élégant.  Mais entre temps je continuerais à râler sur ce public s’extasiant sur ces passes de mensonge du toreo.

* David Mora, Ivan Fandiño, Lopez Simon et Nazaré, ces matadors qui coupèrent chacun 1 oreille méritée mais qui furent pauvre par rapport à ce qu’offrait leurs opposants.  A la décharge de Lopez Simon le toro de l’alternative pèse toujours plus et c’est avec plaisir qu’on le reverra.

                                

Mais pour le reste ce fut le naufrage. Des toreros insipides et sans idées ont foulé le sable de la Maestranza.  Des toros sans caste, sans force et sans fond de bravoure ont mis à mal notre aficion.  Un public trop généreux ou trop docile a fait de Sevilla une arène de plus et sans grand intérêt.  Des corridas qui se sont converties en corridas sans picadors tant les toros étaient faibles.  Des matadors avec envie mais sans toros … etc … etc… en espagnol nous disons « aburrimiento total ».

 

Et Madrid débute la semaine prochaine avec le même scénario que Sevilla.  Des cartels sans intérêts et la vente des abonos en chute libre.

 

Alors Messieurs les empresarios, les apoderados, les ganaderos et les toreros, le sort de la corrida est entre vos mains. 

 

Nous sommes en temps de crise financière mais surtout nous sommes en temps de crise du spectacle que vous proposez « tarde tras tarde ».  Nous en avons marre de vos querelles de droits TV qui enrichissent un petit plus les vedettes de la tauromachie, alors que beaucoup d’espagnols doivent se sacrifier pour payer leur billet de corrida.

 

On en a marre qu’à cause de vous la corrida perde chaque jour un petit peu plus de son côté magique car avant même de rentrer dans l’arène nous savons ce que l’on va voir sur le sable.

                                                   

On en a marre de voir ces toros sans caste et sans bravoure sortirent du toril pour faire plaisir à ces figuritas qui ne veulent plus que leurs opposants soient braves, forts et fières comme doit l’être un toro de corrida.  On en a marre que les « grands toreros » n’affrontent qu’un seul encaste ou plutôt que deux ou trois élevages de ce même encaste.

 

Je rêve d’après-midi de toros à Madrid, Sevilla ou ailleurs avec des cartels comme ceux-ci :

                             

Toros de Victorino Martin pour El Juli, Talavante et David Mora.

Toros de Dolores Aguirre pour Ponce, Manzanares et Fandiño.

Toros de Cuadri pour Castaño, Castella et Perrera.

Toros de Miura pour Morante, Rafaelillo et El Cid.

Toros de Joselito pour Juan Mora, José Tomas et Arturo Saldivar.

Toros de Fuente Ymbro pour un mano a mano José Tomas et Ponce.

Toros de Cebada Gago pour un mano a mano Morante et Manzanares.

 

Je peux vous dire Messieurs les empresarios qu’avec des affiches comme celles-ci dans vos Ferias les arènes se rempliraient crise ou pas crise et les abonos se vendraient pour ne pas rater ces après-midi.  Je peux vous dire Messieurs les toreros qu’avec des cartels comme ceux-ci nous verrions si vous êtes des figuras ou de bons toreros, et vous seriez à nouveau des Dieux Vivants comme l’étaient Manolete, Belmonte, Joselito, Paco Camino ou Antonio Ordoñez.  Je peux vous dire Messieurs les ganaderos que doucement vous pourriez inverser la tendance et élever des toros pour la Fiesta et non des toros pour les toreros.

 

Le tout est de vouloir que la Fiesta reste ce moment magique et intemporel.  Le tout est de savoir si les toreros veulent être des Toreros ou des peoples de magazine.

 

Le tout est de vouloir sortir de la crise en créant de la croissance.  Et arrêter de cacher vos erreurs derrière la crise économique.

 

Pour créer de la croissance il faut susciter de l’intérêt.  Et vous êtes les seuls à pouvoir susciter cet intérêt, vous, tous ensemble.  Entre temps, nous, les aficionados, continuerons à choisir les corridas auxquelles on veut assister tout en regardant notre porte-monnaie.  Et chaque jour une poignée d’entre nous restera à la maison.  Et poignée par poignée les arènes se videront.

 

Quand la crise sera passée, elle laissera derrière elle des gradins vides.  Vidés par vos fautes et cette crise du spectacle.  Parce que vous n’avez pas innové, parce que vous avez manqué d’idées ou de courage.

 

Esteban SALIDO FERNANDEZ

 

 

 

El Presidente

 

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Published by Pena Taurine de Bruxelles - dans RESEÑAS & Co
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commentaires

El Boby 05/05/2012 12:08

C'est dommage de voir les corridas sans le son car ça fait aussi partie de la corrida... comme tout spectacle.

Pena Taurine de Bruxelles 07/05/2012 10:13



oui effectivement mais pas besoin de son pour regarder une faena... comme il n'y a pas besoin de musique pour savourer une grande faena.



El Boby 05/05/2012 10:24

Tout à fait d'accord !

Ceci dit Manzanares m'a fait faire plusieurs Olés devant mon écran d'ordinateur... et c'est plutôt rare de prendre du plaisir à la TV. Ne tirons tout de même pas à boulets rouges sur toutes la
corrida, Manzanares a été FABULEUX à Séville ne boudons pas notre plaisir.

Pena Taurine de Bruxelles 05/05/2012 11:22



Non j'ai regardé la faena sans le son.  Et non il n'a pas été fabuleux.  Celui qui fut fabuleux c'est le toro, il ne s'arrêtait jamais Manzanares ne faisait que tourner sur lui même pas
besoin de toques le toro était aimanté.  manzanares très esthétique comme toujours, mais pas bon à gauche, à droite il eut de belles choses mais je n'ai aucune série complète qui me reste
gravée dans la mémoire.  Et si on donne 2 oreilles à Manzanares, il faudra qu'on m'explique pourquoi on ne les a pas donné à Talavante, avec une faena bien plus profonde???????? 



petitsoulier 02/05/2012 20:47

On en a marre également que des toreros dansent devant leur(s) imprésario(s...faut-il en effet les mettre au pluriel?), au lieu de leur botter les fesses et de leur demander d'aller voir à
Pampelune s'ils n'y sont pas!

(chez moi, on disait pour dire "nulle part", ou exprimer un endroit inaccessible : "à Pampelune!, derrière le cul de la lune!")


Ce n'est pas l'affiche qui fait ce moment où se donne pleinement cet art, mais une magie qui dépend d'un ensemble, d'un tout : torero, toro, et le cercle qui l'entourre.
Peut-on encore rêver un jour retrouver ce "cante jondo" de la taurmachie au plus profond de ce cercle, de cet espace, de ce coeur où tous les coeurs y battent en même temps?
A qui la faute?

Je ne rêve pas d'affiche, mais de spectateurs et de toreros qui s'en fichent, ne demandent et n'attendent rien, si ce n'est l'occasion cent fois, mille fois renouvelé, de retrouver cette alchimie
de la tauromachie, ce souffle, cette poésie unique.

Pena Taurine de Bruxelles 03/05/2012 13:31



Il faut y croire, mais il faut se faire entendre, nous les aficionados, piliers de la Fiesta.



durand 02/05/2012 19:47

Je suis d'accord avec vous sur le fait que ce soit le charme de l'aficion de ne pas être d'accord sur tout et que c'est cela qui alimente les débats et nous fait vivre notre passion. En revanche,
pour ma ma part j'ai assisté à un moment historique majeur avec les 4 oreilles de Manzanares. Ses 2 toros étaient sérieux compliqués et tout son art à consisté à résoudre les problèmes en les
réglant parfaitement notamment à son second où dès l'entame à la cape il a appris au toro à embister correctement : ce qu'il ne faisait pas. La lidia du toro a été exceptionnelle , aidé en cela
comme vous l'avez dit par une très grande quadrilla qui n'a donné aucun capotazo inutile. De même il a fait preuve de science à la muleta notamment par son approche et son replacement sur 1 pas qui
chaque fois était impeccable puisque pile dans le sitio. J'ai quand même du mal à concevoir même si je respecte l'opinion de chacun car c'est son droit, que l'on soit blasé par une faena comme
celle là qui à mon sens fait partie de ses faenas dont on parle 20 ans après.
Je me méfie un peu de ce discours ambiant qui dit que tout les toros sont faciles, qu'il n'y a aucun mérite pour les toreros pour qui on a produit un toro faire valoir. Je pense que les toro
semblent facile car il savent les toréer parfaitement. Quelqu'un comme Padilla pour qui j'ai le plus grand respect de par sa carrière, ne produit pas la même émotion ni le même résultat artistique
avec ce genre de toro. Lui il produit de l'émotion dans la bagarre : c'est pour ça que l'on dit qu'il y a deux aficion toreriste et toriste.A chacun sa sensibilité, mais pour ma part j'ai une
affection pour ce genre de toro et de torero qui font surgir le temple et la suivité. Vous n'aurez jamais ce résultat avec des cebada gago ni les Miura ni Les Victorino.
Enchanté néanmoins d'avoir discuté avec vous.

durand 02/05/2012 16:09

Je ne partage pas du tout votre analyse en ce qui concerne Manzanares et les toros. Pour ma part j'étais présent à Séville lorsque Manzanares a coupé 4 oreilles et nous avons assisté à un moment
artistique majeur : du temple et de la suavité. Quand au toros ils sont sortis en pointes avec en moyenne 530 kg et du trapio. Pour information on a jamais autant torée de gros toro qu'en ce
moment. D'autre part la faiblesse des adversaires comme le deuxième de Manzanares n'enlève pas la dangerosité, c'est même le contraire : quand le toro est arrêté le torero ne peut profiter de sa
charge naturelle donc du passage du toro : il est obligé d'aguanter et de se croiser, de trouver le bon terrain du toro et donc de préparer minutieusement sa série pour qu'elle est de l'impact.
Autre chose se croiser ne veut pas dire se mettre en danger c'est là aussi tout le contraire : se croiser c'est se mettre dans les cornes (là où le toro ne voit pas le torero) pour le citer sur
l'oeil contraire donc provoquer sa charge. Ce sont là des B-A BA que tout practico sait et que beaucoup d'aficionados devrait apprendre au lieu de tomber dans des lieux commun que l'on entend sur
les gradins et qui n'ont rien avoir avec la réalité du toréo.

Pena Taurine de Bruxelles 02/05/2012 17:15



Je ne partage pas votre avis non plus, et en tant que practico occasionnel j'ai appris à me croiser.  Mais c'est ce qui fait aussi le  charme de l'aficion de ne pas être d'accord sur
tout.  A Sevilla je n'ai pas vu de gros toros que du contraire ils furent souvent anovillados et sueltos de carne.  Mais je partage votre avis sur le fait que les toros sont trop gros
de nos jours.  Le jour de Manzanares, j'ai vu deux faenas sans intérêt par le manque d'émotion des toros (novillos) et par ce que j'ai écrit dans l'article. 


 



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La Belgicana? Quien es?

La Peña Taurine emprunte le nom de "La Belgicana" une des premières femmes torero du XIXe, de son vrai nom Eugénie Bartès. Cette Bruxelloise de naissance (c'était le 14 mars 1876)  est à notre connaissance la seul(e) Belge a avoir revéti le costume de lumière.  Pour en savoir plus voici un article d'El Enano (cliquez sur la photo) publié... le 1er avril 1895, ça ne s'invente pas et pourtant la Belgicana a bel et bien existé. Le Club Taurin Paul Ricard "la Belgicana" est né officiellement le 9 avril 2011 à Bruxelles, le philosophe Francis Wolff (notre premier invité, ici son fabuleux Pregon) fut le témoin priviligié de la deuxième naissance de la Belgicana. Le CTPR la Belgicana est jumelée avec les clubs taurins Culturaficion et le Ruedo Newton à Paris.

La-Belgicana-Photo.jpg     

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